La biodiversité en déclin

L’Observatoire national de la biodiversité (ONB) a dressé à l’occasion de ses 10 ans les grandes tendances de la biodiversité au niveau national (état et dynamique de la biodiversité en France depuis les 10 dernières années, les pressions (destruction des habitats naturels, pollutions, introduction d’espèces exotiques envahissantes…) auxquelles elle est confrontée et les actions mises en œuvre).

Malgré une prise de conscience croissante (notamment grâce aux déploiement des sciences participatives), des moyens financiers plus conséquents (l’effort financier pour la protection de la biodiversité et des paysages est passé de 1.9 milliards par an à 2.6 milliards par an entre 2009 et 2020) et les ambitions affichées, l’érosion de la biodiversité se poursuit car de nombreuses pressions sur les milieux terrestres, aquatiques ou marins n’ont pas été réduites voire pour certaines elles se sont intensifiées.

 

Vue depuis le Baou de Saint-Jeannet

La fragmentation des milieux naturels constitue la menace principale. L’artificialisation des sols continue de progresser à un rythme supérieur à celui de l’accroissement de la population. Ainsi en France métropolitaine, les prairies permanentes sont les principaux écosystèmes détruits. A noter également 1 obstacle à la continuité écologique tous les 4 km de cours d’eau en moyenne.

 

 

Les prélèvements des espèces sauvages, la surpêche et les techniques de pêche (chalutage) impactent les populations de poissons, les habitats marins et sont responsables de nombreuses captures accidentelles (dauphins, tortues…).

La pollution impacte tous les milieux. Même si elle a évolué (légère baisse des macropolluants, issus des effluents domestiques, agricoles et d’élevage), les ventes de produits phytosanitaires pour usage agricole ont quant à eux augmenté de 14 % entre la période 2009-2011 et la période 2018-2020, alors qu’elles devaient être divisées par deux. On observe de nouveaux types de pollutions (micropolluants émergents, pollutions lumineuses, sonores…) qui affectent les écosystèmes et les espèces.

Le changement climatique exerce une pression supplémentaire avec intensification des phénomènes météorologiques extrêmes. « En France métropolitaine, la part des petits cours d’eau asséchés en été tend à s’accroître ces dix dernières années. Au moins un assec a été observé dans 41 % des stations de suivi des petits cours d’eau à l’été 2022 (mai-septembre) ; cette situation a concerné 92 départements, un niveau jamais atteint depuis le début des suivis en 2012 ».

Au printemps, les oiseaux migrateurs arrivent en France en moyenne 4,7 jours plus tôt en 2022 qu’en 1986.

14 espèces exotiques envahissantes en plus dans chaque département entre 2013 et 2022 par rapport à la période 2003-2012. Hors ces espèces ont des impacts écologiques mais aussi socio-économiques et sanitaires.

Berce de Caucase
Ailante

Même s’il existe des disparités entre les différents types de milieux, l’état de conservation des habitats naturels est globalement défavorable ce qui impacte la faune et la flore qui leurs sont inféodés.

« 17 % des espèces de faune et de flore sont aujourd’hui menacées ou éteintes en France, et leur risque d’extinction a augmenté de près de 14 % en moins de dix ans ».

On assiste ainsi à une homogénéisation de la biodiversité en France (moins d’espèces spécialistes et plus d’espèces généralistes) ce qui constitue une autre forme d’érosion de la biodiversité.

 

https://www.ofb.gouv.fr/sites/default/files/Fichiers/Plaquettes%20et%20rapports%20instit/Publication_10ansONB_web.pdf

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