Laine et pastoralisme : des débouchés à réinventer

@HellenTeurlingsPhotograph

Ecoutez le sujet animé dans “Les Chroniques du Parc” sur Agora FM, émission du 6 octobre 2020

Le contexte

Quand on parle du pastoralisme, on évoque à la fois l’élevage extensif, c’est à dire des troupeaux en pâture plus de 10 mois par an, mais aussi la relation interdépendante entre les éleveurs, leurs troupeaux et les milieux exploités. La Région Sud est la 4e région française d’élevage ovin allaitant, avec 14 % du cheptel national. Cette pratique ancestrale rend bien des services aux espaces concernés :

  • Protection des espaces naturels contre les incendies,
  • Maintien de la biodiversité liée aux milieux ouverts,
  • Production de produits de terroir,
  • Entretien et maintien des paysages.

Aujourd’hui, les filières ovines sont organisées pour la production de viande et de lait. Mais qu’en est-il de la laine ? Chaque mouton produit une matière naturelle, biodégradable, une fibre textile qui présente bien des qualités et s’adapte à différents usages. Aujourd’hui, en France on compte un peu moins de 7 millions de brebis, soit environ 7 000 tonnes de laine produites chaque année.

Au fil des décennies, la laine a perdu de la valeur ; elle est aujourd’hui considérée comme un déchet, une charge pour les éleveurs dont il faut se débarrasser. Ainsi, la laine est soit stockée dans les fermes pendant des mois, soit ramassée par des négociants, qui achètent cette matière première à très bas prix et la revendent principalement en Chine. Là-bas, elle est triée, lavée et transformée pour différents usages. En France, nous avons perdu ce savoir-faire autour de la laine, que ce soit dans l’industrie mais aussi chez les éleveurs. Nous disposons donc d’un gisement de laine très important qui a du mal à s’écouler. C’est notamment le cas dans les Préalpes d’Azur !

L’action du Parc

C’est pourquoi le Parc des Préalpes d’Azur a participé aux Rencontres de la Laine à Saugues. Cet évènement met en relation différents acteurs de la filière laine. Des débouchés jusque-là non exploités localement sont apparus :

  • du fil, que l’on transforme en vêtements et accessoires,
  • du feutre, très utilisé en décoration,
  • de la matelasserie,
  • des produits à destination de l’agriculture, comme des engrais ou des paillages,
  • des produits isolants à destination de la construction

Fort de ce constat, le Parc naturel régional a organisé cet été une rencontre avec des éleveurs locaux, la Chambre d’agriculture et différents acteurs de la filière laine. Cette rencontre a confirmé que la tonte des moutons constitue aujourd’hui une charge pour les exploitations qui peinent déjà à maintenir leur activité et à la transmettre.

Les subventions du programme LEADER* aident à l’émergence depuis 2 ans de Laine Rebelle, une entreprise qui collecte la laine des Préalpes d’Azur pour la transformer en fil et vêtements ou objets tricotés, vendus en circuit courts. Désormais, le programme LEADER* soutient une initiative complémentaire dans ce domaine : le but est d’imaginer un modèle qui permette de traiter toute la laine, valorisant ainsi toutes ses qualités et non une simple fraction. Et ce en dépassant les limites géographiques des Préalpes d’Azur. L’idée est de créer une complémentarité entre les territoires, imaginer des débouchés et mutualiser des moyens pour le développement de ces filières laines.

* Le programme LEADER est un dispositif européen, sous l’autorité de la Région Sud, qui soutient le développement des territoires ruraux grâce à l’attribution de subventions à des porteurs de projets locaux.

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